segunda-feira, 17 de junho de 2013

Journée historique pour le Brésil

Dans le cadre des évènements qui ont commencé au début du mois, le 17 juin 2013 est un jour historique. C’est ce que tous les médias semblent dire à l’unisson.

Le pays n’a pas vu ce type de mobilisation nationale depuis le mouvement Fora Collor, en 1992, qui s’est terminé par un impeachment.

Parmi les préjugés auto infligés des Brésiliens sur eux-mêmes, celui de la passivité revient souvent. Lorsqu’on a vu ce qui s’est passé, et qui continue de se passer dans les pays "arabes", on imagine mal quelque chose d’aussi radical pour le pays du futur (expression insupportable). Je me suis risqué à dire quelquefois que le Brésil n’est pas immunisé contre ce type d’évènement, mais on me répond toujours que les Brésiliens sont trop passifs.

Toujours est-il qu’en voyant un mouvement de cette ampleur après avoir vu ce qui s’est passé ailleurs, on se garde bien de faire des prévisions. Qui peut prédire jusqu’où ce type de réaction de masse peut aller?

Sans se lancer dans une analyse bien difficile à faire correctement - celle qui consiste à observer ce qui va de mieux en mieux et l’écart qui persiste avec ce qui ne va pas si bien, ou même de pire en pire – il reste tout de même un fait incontestable : beaucoup de citoyens subissent de la violence de toutes sortes, et celle de nature psychologique est immense (avertissement : ici, il peut y avoir un problème de sémantique pour quelqu’un qui n’a vécu que dans l’OCDE). En priorité chez les plus pauvres (sans l’ombre d’un doute, en plus de la violence physique qu'ils subissent déjà), mais qui existe aussi en remontant l’échelle sociale, particulièrement glissante pour les premières couches de la classe moyenne. La fameuse nouvelle classe moyenne brésilienne.

Le doute devient particulièrement important en ce qui concerne les sources de cette violence. Elles sont peut-être plus complexes qu’on ne le pense. Toujours est-il qu’il y a des mots qui reviennent constamment : la santé, l'éducation, la corruption, et bien entendu, le prix du transport en commun...


Et si le ras-le-bol en venait à être proportionnel à la violence subie…

Aujourd’hui, ceux qui sont sortis ont exprimé beaucoup de pacifisme. Les autorités ont été intelligentes, elles ont évité les dérapages. Les médias importants reportent les manifestations comme ils savent le faire si bien (impossible de décrire ici ces mécanismes), et ils évitent surtout d’aller regarder du côté des sources de cette violence. Ils préfèrent insister sur l’infime minorité qui commet des actes de violence et en parlent pendant des heures. Ils lamentent à quel point c’est dommage pour les bons citoyens qui manifestent pacifiquement, mais étrangement, on ne leur pose pas de questions. Indifférence qui reflète une violence structurelle inouïe. On pose finalement des questions après minuit, à un spécialiste qui nous parle de tout ça de façon un peu plus réfléchie.

Les symboles sont forts. Le pouvoir législatif de Rio de Janeiro en flamme, la résidence de l’exécutif de São Paulo encerclée, le pouvoir législatif de l’Union fourmillant de gens. Sans oublier les manifestants devant l’hôtel de la sélection nationale. Le soccer est au second plan, de quoi être optimiste.

On a entendu des choses du type : “Copa do Mundo! Eu abro mão! O que quero é saúde e educação!”


Foi bonito ver isso, obrigado Fabiana.



DPA



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